Comme pour la télévision, le numérique va bientôt s’imposer dans le monde de la radio. En effet, à partir de 2009, la FM laissera progressivement la place à la Radio Numérique Terrestre (RNT), qui permettra une meilleure qualité sonore et offrira de nouveaux services (réception d’images, de titres de morceaux, de photos… sur les écrans des nouveaux récepteurs). Il s’agit bien sûr d’une avancée technologique majeure (le son est converti en données binaires), mais d’une avancée qui aura un coût certain. Aucun souci pour les grands groupes tels que RTL ou NRJ, mais pas pour les radios associatives, vecteurs essentiels de la diversité culturelle…
A Angers, Radio G ! ne veut pas mettre la clef sous la porte et a d’ores et déjà lancé un appel à soutien. Pour cette radio locale, qui émet depuis bientôt 30 ans sur la région angevine, le passage au numérique entrainera une augmentation des dépenses de 15 000 euros par an, notamment due à la double diffusion (bande FM + bande numérique) pendant quelques années et à la location du matériel nécessaire.
Les membres de la radio expliquent dans le communiqué de presse l’origine des peurs concernant le financement : « Depuis plus de 20 ans, les radios associatives sont principalement subventionnées par le Fonds de Soutien à l’Expression Radiophonique (F.S.E.R.) accordé par le Ministère de la Culture et de la Communication et approvisionné par une taxe prélevée sur les revenus publicitaires de l’audiovisuel. A ce jour, aucune augmentation du F.S.E.R. n’est prévue pour compenser les coûts engendrés par le passage au numérique, et ce dans un contexte de baisse généralisée des aides publiques qui affecte l’ensemble du secteur associatif. Plus grave, l’arrêt de la publicité sur les chaînes de télévision du service public met en danger ce fonds de soutien essentiel à l’existence de nos radios associatives ».
Il faudra en plus ajouter à cela « des frais de formation du personnel aux nouvelles compétences techniques que requièrent la gestion des donnés associées, voire le recrutement d’une personne pour gérer cet aspect du travail au sein de la station. En tenant compte de tous ces paramètres, le coût réel du passage en diffusion numérique peut être porté à 35 000 euros pour une station comme Radio G ! ».
Si les problèmes semblent principalement d’ordre financier, la RNT est aussi un danger pour l’autonomie et l’indépendance des radios associatives : « pour être diffusées en numérique, les radios devront nécessairement faire appel à un prestataire technique appelé « multiplexeur », chargé de coordonner la diffusion des programmes de 9 radios différentes sur une même fréquence. Le multiplexage signe la fin de l’autodiffusion, et inaugure une double obligation : celle de transiter par un prestataire, et celle de s’allier avec 8 autres radios pour être diffusées. [...] De plus, les tarifs des multiplexeurs seront fonction de la qualité d’écoute et de la nature des données associées. Il existe donc un risque certain que ces prestataires privés jouent un rôle dans l’attribution des places des radios (ce qui était en FM du seul ressort du C.S.A.) ».
Le passage au numérique sera-t-il donc un danger pour la diversité culturelle portée avec tant de ferveur par les radios associatives comme Radio G!, qui depuis des années soutient et diffuse la production musicale locale, donne un moyen d’expression aux associations angevines et se veut être un véritable acteur de la vie culturelle et sociale angevine ? La réponse d’ici quelques années seulement…
Si vous aussi vous souhaitez en savoir plus sur la RNT ou soutenir Radio G !, vous pouvez vous rendre sur le site de la radio.
Julien Beccognée
Mots-clefs : Angers, numérique, radio, Radio G, radio numérique terrestre, RNT
